
Notre jeunesse forme la très grande majorité de notre population. Elle participe pourtant très peu aux mécanismes de décision, particulièrement de tout ce qui touche à son avenir. La responsabiliser, pour résoudre les défis de son temps, impose un changement de paradigme et va lui donner davantage confiance en elle-même. L’exclusion de bon nombre de jeunes primo votants du processus électoral est injuste. Il faut y pallier et procéder à la repolitisation démocratique et civique, initier de vastes programmes de formation et d’encadrement par la formulation de projets bancables auxquels les jeunes seront préparés par l’apprentissage, et le commencer tôt.
L’enfant doit être la prunelle de la nation. Son espérance de vie doit être réhausssée, sa qualité de vie uniformément améliorée. La protection de l’enfance sera renforcée par des moyens et des pouvoirs. On ne verra plus d’enfants talibés errer dans les rues, leurs exploiteurs comme leurs parents seront tenus de se conformer à la loi. L’alphabétisation générale des enfants et des personnes illettrées sera atteinte en moins de 5 ans.
L’école est le creuset du changement de paradigme panafricain. Les assises nationales de l’éducation ont déjà tracé de grandes lignes de réformes, sous la houlette de Abdou Salam Sall, qu’il faudra sans attendre appliquer. Les préoccupations légitimes des syndicats doivent être reconnues et résolues afin que la précarité des enseignants soit éradiquée. Notre développement holistique dépend entièrement de la priorité donnée à une éducation et une formation de qualité au profit du peuple. Les investissements massifs et prioritaires et la volonté politique de traduire la transformation qualitative de la société doivent rester constants, y compris lorsqu’on engrangera les résultats positifs. Toute la pédagogie sera révisée pour refléter le redressement national et panafricain.
On enseigne à l’enfant la langue de son terroir d’abord. On lui apprend l’alphabet et l’abstraction arithmétique dans cette langue. Ensuite au milieu du primaire, on lui inculque comme seconde langue nationale, la langue la plus parlée sur le territoire national, en même temps que le français. À la dernière année de l’école primaire, il reçoit une instruction civique sur la citoyenneté, l’écologie, le féminisme et le panafricanisme. Nous favoriserons les « goûters à l’école » pour les élèves des établissements publics à base de produits locaux. L’école sera réorientée et ouverte sur l’Afrique et le monde.
Au lycée, en seconde, l’adolescent acquiert les bases du swahili et un rappel de l’instruction civique panafricaine et s’enrôle pour 3 semaines de vacances communautaires où lui sont prodigués l’autodéfense, le secourisme et le patriotisme panafricain. Il doit y contribuer aussi à la réalisation d’un travail communautaire ou d’intérêt national. En première et terminale, on doit renforcer la philosophie, l’anglais, le potentiel scientifique et technique et l’orientation professionnelle dans le sens de la participation responsable à l’effort national de redressement.
Il faut sauver le savoir et la recherche et tenter un effort de censure dans les médias sociaux pour les prémunir des informations nuisibles au développement de notre jeunesse.
L’avènement, dans cette ère polarisante, d’une société du savoir, au niveau mondial, impose au secteur tertiaire africain une pression supplémentaire qu’il a du mal à relever. Au niveau universitaire, il faut renforcer ce processus de responsabilité civique, scientifique et panafricain. Comme la plupart des formations sociales africaines, le Sénégal s’est évertué, dès les lendemains de l’indépendance, à se doter d’universités et de centres de recherche visant à lui permettre d’accélérer son développement. Ces systèmes d’enseignement supérieur ont tous connu, dès leur conception, des crises profondes principalement dues au néo-colonialisme et à tous les dysfonctionnements inhérents au sous-développement. Cela s’est aggravé avec le désengagement de l’État et la prolifération des institutions privées d’enseignement. Dans les faits, malgré des progrès notables, le bilan reste mitigé, avec de grandes disparités positives entre nous et par rapport à bien des pays africains et en leur sein. Le bilan est même équivoque, malgré la formation de milliers d’individus. On a en effet plus massifié que démocratisé l’enseignement et il s’est appauvri. Un bon nombre de nos étudiants hantent nos corridors en apprenant par mémorisation, souvent sans appréhender la matière qu’on leur exige de restituer.
On doit révolutionner notre enseignement dans une perspective panafricaine, faire de la recherche et de l’intelligence une conductrice des positions et politiques. On peut saluer l’avènement timide de l’Université panafricaine. Elle est issue de l’Union africaine et vise la revitalisation de l’enseignement supérieur et de la recherche en Afrique, sur une base de meilleure qualité. Son siège est à Yaoundé et elle est articulée sur 5 instituts universitaires régionaux.
L’extension sociale de l’université, sa démocratisation, son encastrement dans la société, et celle-ci en elle, demeurent partout éminemment politiques et culturels. Le secteur reflète, autant par sa turbulence que les problèmes qui lui sont inhérents, tous les défis qui restent à être relevés en matière de développement. Ce dernier doit demeurer holistique et ne pas succomber aux exigences de la rentabilité issue des marchandisations. Le savoir doit demeurer le plus possible un bien commun. Mais peut-être est-ce le développement lui-même qu’il faut démystifier, afin de baliser dans des acceptions homéomorphes- c’est-à-dire locales- des concepts comme les droits humains, la liberté, le savoir, le savoir-faire, le savoir-être, nos épistèmés traditionnelles etc. À ce titre, l’université a le rôle d’éveil des consciences, de veille ; elle doit contribuer autant à la culture locale, nationale qu’universelle. Cette fonction est redoutable et elle n’est hélas pas remplie dans nos politiques publiques. Pire, nous sommes dans le sillage de modèles universitaires techno-industriels astreints au marketing managérial qui détruit les relations sociales, l’environnement et surtout la culture. L’indépendance négociée a souvent perpétué la dépendance de l’enseignement supérieur vis-à-vis des métropoles, accentuant la fuite des cerveaux et l’espistémicide (considérer comme non scientifiques les savoirs non occidentaux) et le modelage scientifique selon les desiderata du nouvel ordre. Les fonctions professionnelles reflètent la physionomie de la division internationale du travail.
Qui formule le savoir, son contenu et comment est-il transmis? Comment articuler, dans la fracture numérique, une stratégie cohérente de rationalisation de nos ressources humaines et intellectuelles au bénéfice de nos besoins vitaux? Comment financer et investir pour combler la fracture numérique?
Dans les régimes compradors, on s’est retrouvé très vite avec un secteur supérieur, ostracisé à l’extérieur et sous financé à l’interne. Il est constamment sous la surveillance policière, la censure ou l’autocensure. On est encore loin de la liberté de penser et de s’exprimer, de créer, de promouvoir une coopération Sud-Sud, d’enseigner nos propres savants critiques, à l’instar de Seex Anta Joob de faire participer plus activement les femmes, les étudiants au contenu et à la formation; d’infléchir le monde du travail vers les exigences du savoir-faire. Les États généraux de l’enseignement panafricain et sénégalais doivent être convoqués afin de trouver une solution durable à cet enjeu majeur. Les mandats et les missions respectives de l’école et l’enseignement supérieur public et privé seront redéfinis, avec le devoir, pour ce dernier, de participer à l’effort patriotique national. Encourager le secteur privé, comme le secteur public, à la formation continue de leurs professionnels de façon à les garder à niveau face aux progrès informatiques et cybernétiques. Un consortium de formation État-secteur privé veillera au contenu requis pour l’adéquation des métiers du secteur public et privé.
Seen Égal-e, Seen Égalité suggère de créer un contrat spécial d’apprentissage, subventionné par l’État, pour les entrepreneurs qui forment et emploient des jeunes.
Il faudra imposer 16 mois de travail en région, pour les nouvelles recrues de la fonction publique. Assurer l’extension universelle de services de base et une garantie d’emploi contractuelle par le gouvernement, pour éradiquer le chômage et le sous-emploi. Nous ciblerons d’abord, les zones les plus déshéritées, afin de décourager l’exode rural et le décrochage dans l’informel et l’exil.
Pour ce faire, en raison de 200 milliards par année sur 5 ans, un vaste programme d’emploi jeunesse sera entrepris, et le secteur privé nationaliste associé en partenariat, pour la résorption du chômage et du sous-emploi. Dans prioritairement l’économie sociale, l’administration, le secteur de la santé, le secteur de l’eau, le secteur ferroviaire, la gestion hydraulique, l’agriculture (les terres pionnières, l’aménagement, le renouvellement et la fertilisation des sols, le contrôle des parasites), l’aménagement urbain, périurbain, rural et communautaire, la défense civile et nationale, les petites et moyennes entreprises de production et de vente de services, la structuration du secteur informel et de l’artisanat- recyclage, réparation, fabrication, la réutilisation -, l’habitat, la promotion de l’emploi féminin, les garderies et jardin d’enfants, la transition vers l’économie verte soit par le verdissement et les énergies renouvelables, ou la purification de l’air et de l’eau, le virage technologique, les industries culturelles…
Nous développerons dans un sursaut écologique, une politique du sport de masse, épanouissante, valorisant les atouts de la jeunesse, mais ouverte à tous les pans de la société. Nous solliciterons les expertises pour l’avènement des États généraux du sport et de la culture. Un centre national du sport, regroupant toutes les disciplines, sera subventionné et veillera autant par l’égalité des genres et générations à l’épanouissement des sportifs de haut niveau que ceux des quartiers populaires et leurs installations de proximité.
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