L’égalité dans la nature

Nos sociétés africaines ont été longtemps animistes, c’est-à-dire écologistes, en symbiose avec les écosystèmes et la protection du patrimoine naturel. Nos écosystèmes, nos sociétés humaines, notre climat sont intimement interconnectés. 

Nous concevons encore nous aussi, comme éco socialistes, la terre, l’eau, l’air et tous les autres êtres vivants de la biodiversité, comme ayant droit au respect et à la vie. Nous partageons cet habitat qui est la terre, son espace et ses océans, et nous nous devons de les respecter et de les protéger. Nous devons accepter notre égalité comme humains avec les autres espèces non humaines ou invisibles de la nature et assurer aussi leur bien-être, que ce soit autant les animaux sauvages que ceux domestiques. Nous inculquerons de nouveau à notre jeunesse et notre population le respect pour le règne animal et végétal, et le défendrons contre la maltraitance et l’exploitation. Nous sommes conscients que plus de 75 % de nos maladies humaines sont d’origine animale et qu’une approche inclusive et holistique de la RSI règle sanitaire internationale et le respect de la biodiversité pourraient nous préserver de bien des épidémies et épanouir la nature.

Nous sommes déterminé-es à agir vite, afin que subsiste demain une humanité saine. Nous nous engageons à préserver la nature pour toutes les générations vivantes à venir. En somme, notre planète et singulièrement l’Afrique sont des lieux de partage et de bien commun dont nous devons assumer l’écoresponsabilité de la préservation. Notre projet d’économie verte doit donc revoir notre façon de produire, transformer, consommer et recycler, hors du sentier productiviste et consumériste. Nous devons questionner la nature du développement et sa dimension prédatrice et envisager une certaine décroissance responsable de la production et de la consommation dommageables pour l’environnement, de façon à optimiser les ressources et leur durabilité. Autant dans les pays du Centre que ceux de la Périphérie, et au sein de ceux-ci et donc du notre, la justice environnementale échoit aux riches. Ils doivent en premier pourvoir au coût environnemental de leur mode de vie. C’est à l’État de veiller à soutenir les plus indigents à améliorer de façon responsable leur environnement. Il nous faut accepter d’affecter plus de ressources à ce secteur. 

L’augmentation continue des émissions de gaz à effet de serre, l’intensification des vagues de chaleur, et des précipitations abondantes, et l’impunité en termes de justice climatique nous desservent.  L’influence croissante des gaz à effet de serre et la diminution de l’impact refroidissant due aux émissions d’aérosols émanant des activités humaines en Europe et en Amérique du Nord contribuent à l’augmentation des précipitations de la mousson d’Afrique de l’Ouest. 

Cela nous impose d’accélérer la cadence des changements pour un développement résilient au changement climatique. Nous devons mettre la priorité sur l’accès à des énergies et technologies propres et non nuisibles et si possible propices à la santé. Il faut mieux cibler les femmes et les enfants et favoriser un environnement le plus dépollué possible- limiter les émissions cumulées de CO2, réduire les îlots de chaleur, planter plus d’arbres, verdir nos toits en ville, aménager des pistes cyclables, des trottoirs. Enfin, dans les zones urbaines, avoir et promouvoir des comportements de salubrité plus écologiques socialement et culturellement. 

Seen Égal-e, Seen Égalité propose de sauvegarder la biodiversité, contre le brevetage du vivant, en sévissant drastiquement contre le déboisement et la monoculture et en reboisant massivement à l’échelle du territoire national. Nous allons freiner l’avancée du désert, qui est de 10 centimètres chaque heure, par la multiplication des ceintures vertes et des îlots de verdure, en créant des aires écologiques strictement protégées, dans chacune de régions du pays, totalisant 15% du territoire national. Nous décernerons la mention BSAH Bois sacré Ali Haïdar à tout arbre plus que centenaire et aux essences rares et menacées. Entretenus, géolocalisés et munis de détecteurs de vibrations, ils alerteront lorsqu’attaqués les populations protectrices et les autorités de vigilance. 

Nous allons régénérer à partir de ces ancêtres vivants les sols et réintroduire les espèces végétales et animales. Nous combinerons la permaculture à l’agriculture organique.

Nous proposons, dans le cadre de l’atteinte de notre souveraineté énergétique, de laisser ce secteur dans le patrimoine national et de mettre l’accent sur les énergies renouvelables, éoliennes, solaires, hydroélectriques et marémotrices pour prendre en charge, de façon moins polluante, une portion de nos consommations énergétiques. 

Dans la perspective de respecter les efforts contre la crise climatique, nous sommes conscients que la simplicité involontaire des pauvres et notre besoin légitime de développement imposent des choix difficiles, quant à l’exploitation des ressources fossiles. Le dilemme est de ne pas succomber à la frénésie de l’extractivisme et opter pour un modèle de production respectueux de l’environnement. Nous souhaitons réviser tous les contrats gaziers, pétroliers et miniers dans le sens de la préférence nationale et panafricaine et de la gestion écologiquement et socialement responsable des ressources. Nous sommes déterminés à sortir du système d’accumulation par la destruction créative et l’exploitation sociale et environnementale.  Nous devons nous ingénier à nous développer de façon plus responsable, équilibrée et adaptative. Ceci suppose un réflexe citoyen empathique envers nous-mêmes et envers l’environnement, inculqué dès le bas âge, par l’exemple et l’éducation intensive de nos masses. Nous privilégions une protection et régénération du monde, axée sur le relationnel et l’empathie altruiste envers la nature. Seen Égal-e, Seen Égalité recommande la consultation publique des populations des territoires miniers, assortis d’un droit de regard sur les opérations les plus dommageables pour leur vie sociale et leur environnement. Nous préconisons un principe de précaution et un dispositif pollueur-payeur, imposant la restauration des sites et la réparation aux populations, après exploitation aux frais des compagnies polluantes. Il faudra récompenser les entreprises publiques et privées aux bonnes pratiques et sévir sévèrement contre celles qui lèsent le tissu social et l’environnement.

Il faut dépolluer la ville de Dakar. D’abord en créant des parcs urbains dans certaines zones destinées aujourd’hui à alimenter la spéculation foncière et la spéculation immobilière. Ensuite en lançant progressivement un projet de métro souterrain et en mettant de l’ordre dans le parc roulant et ses usagers, notamment par la réduction massive de la circulation automobile au profit du système ferroviaire, par le transport en commun, par le covoiturage et la réalisation de pistes cyclables. 

La démocratisation et le développement du transport collectif, tendant vers la gratuité et la réduction des coûts des marchandises dans les axes ferroviaires, sont au cœur d’une révolution des mentalités et des pratiques.

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