
Le futur repose considérablement sur les outils de communication. Notre dépendance en équipement, savoir-faire et capitaux dans le secteur des technologies de l’information s’est certes atténuée au fil des années, mais il va falloir davantage maîtriser les données générées par ce secteur. Il évolue à un rythme rapide et non uniforme. L’accès très inégal à l’Internet, en raison des moyens mis en œuvre par l’État et les opérateurs, du lieu géographique, du genre, du revenu, de l’instruction et de l’âge, peut être amélioré. L’internet à haut débit, la téléphonie mobile, le live-streaming, la réalité virtuelle, le service client à distance et le paiement en ligne sont désormais essentiels pour le travail et notre mode de vie au 21e siècle. Par contre, le secteur connaît un monopole qui a un impact sur les disparités entre ville et campagne, entre nantis et démunis, entre grandes entreprises et secteur informel créant ainsi une véritable fracture numérique.
Nous nous engageons à favoriser l’inclusion numérique et une démocratisation de l’accès à l’Internet et ses outils, afin que toute notre population puisse bénéficier de l’Internet pour une productivité plus grande, mieux contrôlée et mieux planifiée.
Au regard des résultats nets de la SONATEL (252,4 milliards FCFA en 2021 et 278,9 milliards FCFA en 2022), nous préconisons la nationalisation graduelle du secteur des télécommunications. Nous considérons avec les larges bénéfices déjà réalisés par Orange que la société revienne à une SONATEL revigorée qui profite aux intérêts nationaux. L’État deviendrait actionnaire principal de la compagnie, en passant à 40% et à 60% d’ici 10 ans. Nous pourrions réussir ce que l’Uruguay a su faire.
Pour atteindre la couverture nationale, Seen Égal-e, Seen Égalité propose un redéploiement d’internet sur tout le territoire national qui se couplerait au réseau électrique de la SENELEC qui dispose d’un important réseau de fibre optique, en plus de ses supports physiques. Cela aura l’avantage de réduire les coûts de l’entretien et de profiter de ses ramifications d’infrastructures. Il est plus juste que toute notre population, équitablement, dispose partout des retombées d’une meilleure qualité et d’un coût moindre des services. Cette socialisation des plateformes digitales ne sera pas du goût des géants des télécommunications qui n’imposent que des schémas de monopoles. Les dividendes qu’elles engrangent iront prioritairement à l’État, ce qui ne rend pas leur part négligeable.
L’État céderait la bande passante à des opérateurs revendeurs qui la loueraient et offriraient des forfaits plus bas aux entreprises et usagers. Ces tarifs se justifieraient, car ces opérateurs n’auront plus à assurer l’entretien du réseau et verseraient plutôt des revenus à l’État. Ce dernier pourra progressivement améliorer le réseau et amortir les coûts d’investissement.
Ceci aura comme avantage de fournir l’internet à haut débit jusqu’aux régions isolées. Mais aussi de réduire considérablement le coût aux pauvres et à la classe laborieuse et de fournir la gratuité au réseau d’enseignement et hospitalier. Nous pourrions privilégier la mise en ligne nationale des secteurs de la banque, de la gouvernance, de l’information agricole, de l’éducation et de la santé, qui aura très vite une incidence autant sur le PIB que le bien-être de la population.
L’économie numérique pourra considérablement permettre de créer des emplois et satisfaire des services dans une gamme étendue de secteurs et pas seulement dans le secteur tertiaire. Contrairement à l’entreprise privée, qui n’a d’intérêt qu’à desservir les secteurs rentables, le service public doit veiller à l’intérêt général, à l’équité géographique et sociale, à la modernisation de l’administration et des services, à l’accessibilité des contenus et à combler le manque de culture numérique.
La nationalisation permet aussi un meilleur contrôle de la qualité des flux et des contenus et permettra de revigorer notre vie culturelle, civique et politique et la qualité des informations. Au-delà d’une gestion nationale du réseau de connectivité, c’est aussi diffuser la connaissance et le savoir au plus grand nombre. Tel est l’objectif de cette nouvelle société de l’information.
Il nous faut envisager plus que le simple transport, l’accès à la bande passante ou le téléchargement illimité. C’est une infrastructure numérique qui pourra considérablement améliorer la vie de la population. Nous décloisonnerons les espaces entre société civile, secteur privé et secteur public. Nous ferons du Sénégal un pôle majeur de recherche et d’innovation dans le domaine de l’analyse des données, des données massives (la donnée est la ressource essentielle au cœur de la troisième révolution industrielle) et leur arrimage au traitement des affaires privées et publiques, de l‘informatique en nuage (cloud Computing) et de l’intelligence artificielle (IA). Innover en termes de services, d’usage gouvernemental, de sécurité, d’applications, d’identité numérique, d’adressage numérique, digitalisation des taxes et services sous un guichet unique. Ces enjeux de digitalisations sont du ressort exclusif de l’État, useront de compétence locale et ne sauraient être confiés à des firmes étrangères.
Pour accélérer cette transition vers l’économie numérique et les TIC, des crédits d’impôts dans les secteurs de pointes, des subventions gouvernementales et des partenariats sud-sud pour harnacher les innovations du secteur seront privilégiés.