La maîtrise de l’eau

L’axe principal de notre respect de la nature réside dans notre comportement à l’égard de l’eau, cette eau de surface que nous voyons affleurer, comme celle souterraine que nous cherchons dans les entrailles de la terre, pour nos divers usages. L’eau pour nos usages divers, mais surtout celle essentielle à notre vie, l’eau potable. L’eau est pour nous un bien commun sacré, et notre démarche vise à perpétuer et garantir la domanialité publique des eaux et à lutter contre la résignation face à l’inégalité. 

De même en panafricain-es, nous savons l’importance de la démarche conjointe avec les pays frères, car isolément nous ne sommes pas viables, mais ensembles forts et capables de résoudre les soucis de quotas alloués, les travaux, pollutions et prélèvements qui en amont ou en aval pourraient nuire à l’un de nous. 

Dans le climat de libéralisation, le jargon des experts s’est lui-même restreint au marketing managérial et au discours sécuritaire.  Il invoque plutôt, la sécurité de l’eau comme un niveau acceptable pour la consommation, la production et la distribution. Il se préoccupe moins de sa sauvegarde, de son caractère de bien commun et surtout de sa qualité. De même leur perception est que c’est une ressource, et donc elle est exploitable et il faut la gérer, et au mieux, de façon intégrée. 

En réalité, l’eau est une entité et une substance essentielle à la vie, et par ses multiples propriétés, semblable à la vie elle-même. Nous en sommes composés et complètement dépendants et redevables et c’est l’anthropocène qui la dénature. Si la tendance se maintient, dans 10 ans, nous prélèverons au Sénégal une moitié de plus de ce que nous prélevons actuellement. Le prélèvement disproportionné dans le Horst de Diass dont dépend le tiers de l’usage du Grand-Dakar en est l’illustration. Entre périodes de sécheresse et inondations fréquentes, ne pas investir massivement dans ce secteur aura des retombées négatives pour notre développement, notre santé publique et le bien-être de nos populations. Il nous faut un véritable Code de l’Eau. Seules une approche écologiste et holistique, une planification stricte de l’usage et la préservation de l’eau sont la solution. Malgré la raréfaction et la dégradation de l’eau de qualité, nous pourrions en avoir en quantité et en qualité. Cela exige un changement de mentalité et de pratiques, et un sursaut national.

À Seen Égal-e Seen Égaliténous sommes reconnaissants des immenses progrès qui ont été faits par les générations précédentes pour nous fournir l’eau, au fil des années.  Mais bien des pans de notre société sont encore exposés aux pénuries, au stress hydrique, selon les zones (soit moins de 1700 m3/an/hab.). Les changements de saison, la surutilisation, la rareté, l’accessibilité ou la qualité de cette eau déterminent ce stress. Ce stress hydrique cause bien des problèmes de morbidité (la mauvaise qualité de l’eau est à l’origine de 70 % de nos maladies). Il réduit l’espérance de vie, et perturbe la santé publique et l’économie.  Des zones sont plus exposées et plus à risque que d’autres. Elles comportent des problèmes qui ont une incidence dommageable et presque irréversible. Elles sont essentiellement situées à Dakar ; à Thiès, Diass et la Petite Côte; dans la zone côtière nord; au lac de Guiers; dans la réserve de Bango; dans les estuaires du Sine Saloum et de la Casamance; dans l’espace arachidier, et dans la zone de Kédougou…

L’état global du potentiel hydrologique régional, autant superficiel que souterrain, sera réévalué (données piézométriques (aquifères), données hydro-chimiques des eaux souterraines et de surface, données sur l’accès à l’eau et à l’assainissement, données exactes  sur les ressources en eau, données sur les remontées salines, données sur les seuils de pollution par l’agriculture, les entreprises et les métaux lourds, données sur les inondations, sur les bassins versants, données sur l’état des infrastructures, données sur les impacts de travaux,  etc..). 

Mais déjà, avec nos connaissances actuelles, dans notre région sahélienne, on note que le niveau de prélèvement d’eau est faible par rapport aux capacités d’eau renouvelable. Depuis nos ancêtres, nous scrutons et implorons le ciel pour la pluie.  De ses précipitations courtes, parfois abondantes et inégalement réparties, dépend le ravitaillement de nos cours d’eau. Mais de ces derniers, nous faisons un bien piètre usage, déjà que la nature rien que par évaporation, ou l’infiltration en nappes souterraines nous en prive d’une grande partie. Nous utilisons, de toute façon, moins de 5% de l’eau douce existante. Sur les potentialités de ressources renouvelables de notre région de l’Afrique de l’Ouest, évaluées à 1000 milliards de m3, à peine 4% d’eau est prélevée. Nous pourrions facilement couvrir les capacités d’irrigation estimée à moins de 60 milliards de mpour toute notre région sahélienne. Donc le potentiel de développement durable de la ressource est réel, mais il demeure gâché, par exemple chez nous, avec des pertes de l’ordre de 11 milliards de m3 sur le fleuve Sénégal et de 4 milliards de msur le fleuve Gambie. Dans le triangle Dakar Mbour Thiès, la disponibilité en eau renouvelable est entre 20 et 40 m3/habitant/an et le prélèvement dépasse de loin les capacités de recharge naturelle. Selon les estimations nationales, nous disposons un peu moins de 23 milliards m3/an, d’eaux douces renouvelables, ou entre 1261 et 1413 man par habitant-e. On craint, d’ici 2050, que nous n’en disposions même pas de la moitié. Il y a urgence, car nous pourrions préserver et même avoir plus, avec de la volonté politique et une action collective. Une réforme complète du secteur de l’eau et de l’assainissement doit avoir lieu, rapidement, et figurer dans un plan national de développement.

Toute notre population pourrait accéder à l’eau potable et un immense potentiel d’eau d’irrigation permettrait de nous faire atteindre l’autosuffisance alimentaire. Paradoxalement, c’est le manque d’infrastructures qui est responsable des lacunes, pour l’un comme l’autre, et non l’insuffisance de l’eau. Il en est de même pour le service d’assainissement adéquat des eaux usées ou pluviales. Les dépenses onéreuses, mais, justifiées, qui nous sont refusées par les bailleurs de fonds actuels, doivent être comblées par l’investissement national-public et privé- et par d’autres partenaires plus accommodants.  Mais elles doivent être entreprises à court et moyen terme, car c’est l’exigence d’un secteur vital stratégique national.

Conformément aux lois, à l’instar de la Loi n° 81-13 du 4 mars 1981 portant Code de l’Eau que nous renforcerons, nous sévirons contre toute utilisation irresponsable, tout gaspillage, toute pollution des ressources hydrauliques, afin de sauvegarder l’intérêt général et le bien commun. Nous assurerons l’eau pour nous, comme pour les générations futures.

Pour ce faire, Seen Égal-e, Seen Égalité préconise une nationalisation du secteur stratégique de l’eau et une politique générale holistique de l’eau. Elle permettra une utilisation équilibrée, écologiquement rationnelle et durable.  Nous mettrons l’emphase sur des barrages, des infrastructures de transfert et de stockage et une révision du système de distribution. Le progrès de l’approvisionnement en eau, de l’assainissement et de la gestion des ressources en eau, stimule le développement durable. Les retombées économiques dépassent, de loin, les coûts en investissement. La stratégie de développement et les politiques macroéconomiques affectent autant la demande que l’investissement dans les activités liées à l’eau. 

Nous réduirons la pression sur les nappes phréatiques, gardées en réserves pour les générations futures, et imposerons un gel des ponctions sur les aquifères menacés afin qu’ils se rechargent. En considérant toujours le principe de précaution, plus nous multiplions les travaux de barrages, de transfert et de stockage, plus nous sauvons et sauvegardons l’eau pour un usage plus responsable dans l’agriculture, la biodiversité, la consommation humaine et nos entreprises. 

La politique de libéralisation a limité les subventions publiques de l’État et a fait porter le financement des investissements par les consommateurs et par l’augmentation graduelle des tarifs de l’eau. Pourtant l’équilibre financier est atteint depuis 2003. Nous projetons de défendre une politique de service universel, incluant la responsabilité citoyenne et la notion de pollueur-gaspilleur payeur.

Nous souhaitons restructurer notre société nationale des eaux, revenir et dépasser la SONEES qui avait été remodelée sous les libéralisations par l’État en posture concédante et délégante. La compagnie redeviendra responsable de toutes les facettes du secteur de l’eau et de l’assainissement (la construction du patrimoine, les eaux domestiques, l’assainissement, la collecte et traitement des eaux usées, l’irrigation et le drainage des eaux pluviales et diverses, de l’usage des eaux industrielles, de l’énergie hydraulique avec la SENELEC ou de la navigation avec la société maritime du Sénégal). La SONEES rehaussée aura même une division spéciale, en charge de la construction des conduites de haut diamètre en PRV, en partenariat avec des entreprises locales et étrangères. 

Cette politique de reprise nationale du contrôle du secteur de l’eau révisera à la hausse les parts de l’État et résiliera les contrats d’affermage de l’exploitation technique et commerciale, de production, de stockage et de distribution de la SDE-Sen Eau- et de Suez group. Pour l’instant, les parts sont FONSIS (55%) et Suez (45%). FONSIS détient les actions de l’Etat (24%), les actions du secteur privé national (20%), celles des salariés de la Sen’Eau, de la SONES et de l’ONAS (11%).

Seen Égal envisage de poursuivre les travaux majeurs de barrages (Bouréya, Gourbassi, Koukoutamba et Balassa), qui doivent être achevés ou entrepris avec nos voisins du Mali, de Gambie, de Guinée, de Guinée-Bissao et de Mauritanie, en renégociant, en esprit confédéral, les arbitrages de cogestion. Une attention particulière sera accordée au barrage de Sambangalou dont les retombées sont estimées à 3 milliards de m3, (voies d’accès, barrage et GC usine, livraisons équipements électro-hydromécaniques, opérationnalisation). Il va falloir, dans ce bassin du fleuve Gambie, veiller aux incidences de la pollution minière et y pallier. 

Sur le Bakoye et la Falemé, les œuvres permettraient de dégager un surplus d’eau stocké et un potentiel hydroélectrique. On contrôlera le débit du Bakoye. Entre l’OMVS et le consortium chinois CMEC, il est convenu une installation à Gourbassi qui régulerait la Falémé et stockerait autour de 3 milliards de m3. Elle autorise aussi un aménagement hydroélectrique de 18 MW. 

Pour l’OMVS, un barrage à Galougo retiendrait environ 32 milliards de m3 du fleuve Sénégal, avec un débit de 500 m3/s à Bakel, dont la hauteur permet ensuite d’assurer un transit sur une grande portion du territoire national. 

Dans le bassin du fleuve Casamance et la zone du Sine-Saloum, une succession de travaux de restaurations et de constructions de digues anti-sel, contre les remontées marines, et une scrupuleuse préservation des mangroves permettront de sauver les cours d’eau. Il est possible de renflouer les cours avec la maîtrise de corridors collecteurs d’eau pluviale parfois abondante. 

De plus, les réservoirs de stockage et les conduites en découlant conditionneront aussi certains autres travaux que nous préconisons. Tous ces travaux ont comme objectifs notre autosuffisance en eau potable et agricole, de recharger les nappes, de réalimenter les marigots et mares et régénérer la biodiversité, en freinant de surcroît l’avancée du biseau salé, là où les zones en sont affectées. Ils permettront une irrigation pour l’agriculture et un afflux pour l’eau potable à tout le Sénégal, mais aussi la Gambie, le Mali, la Mauritanie et la Guinée-Bissao. L’eau du Sénégal du futur proche peut se décliner entre autres en quelques initiatives. 

Il est possible de réviser et concrétiser des pistes prometteuses élaborées durant la période coloniale. En collaboration étroite avec le Mali, à 75 kilomètres en amont de Kayes à Gouina, nous pourrions bâtir un grand barrage d’une hauteur de 120 mètres. Cela permettra, durant toute l’année, la régularisation du débit du fleuve Sénégal et la navigation sur tout son cours d’Ambibedi au Mali jusqu’à St Louis, facilitant la circulation commerciale et humaine. Il pourra contenir plus de 6 milliards de mètres cubes et produire annuellement 1.300.000.000 KWH. Cette énergie profiterait aux pays de l’OMVS et à la mise en valeur d’un réseau ferroviaire électrique commun desservant principalement le Mali voire le Burkina jusqu’à l’Atlantique. Elle alimentera une série d’usines de transformation liées à l‘agriculture irriguée devenue florissante. Bien sûr, ceci suppose qu’on résolve, avec les voisins riverains, les problèmes de débits de crue artificielle en période sèche, d’autant plus qu’on dépasse déjà la limite garantie par le débit minimum d’étiage.

À partir de Bakel, profitant de la gravité, il serait possible avec des conduites de 4m de transférer de grandes quantités d’eau vers le milieu du Sénégal ( plus de 43 milliards de mjour), autant pour l’agriculture que pour l’eau potable et desservir sur son tracé toutes les villes jusqu’à Dakar et toujours à partir de 12 km Bakel, de profiter de la possibilité d’élever d’une vingtaine de mètres l’eau à Kouagani afin d’en irriguer les vallées sur plus de 1200 km2.  Encore plus à l’ouest de Bakel, il sera possible de pouvoir relever sur plus de 60 mètres le niveau, afin de régénérer les lits et autres points en plus basse altitude, sur une aire de plus de 2500 km2, et ravitailler ensuite le centre du Sénégal. Des solutions techniques existent pour résoudre la turbidité et les dépôts sédimentaires, mais aussi la salinité, la teneur élevée en Fluor, Chlorure, ou Fer. Par contre, la pollution de certains apports, notamment les métaux lourds de l’industrie extractive devra être plus sévèrement encadrée. 

Avec ces moyens, on ne toucherait pas au lac de Guiers, 600 millions de m3, qui doit être davantage être assaini et protégé de la pollution agricole, principalement des pesticides de la compagnie sucrière sénégalaise et d’autres rejets non traités. Le Lac sera ainsi préservé, voir réalimenté et saura davantage desservir le Cap-Vert et St- Louis. La région de Dakar  méritera de nouveau son nom de Cap-Vert! En cas de trop-plein, on pourrait envisager de pomper vers le Ferlo, mais ce procédé est fastidieux en raison de contrepentes sur le tracé des conduites. L’immensité du Ferlo qui frise 70000 km2, et le fait qu’il dispose de vallées fossiles affectées par la désertification exige que l’on réalimente ce défluent, afin de relier  de nouveau le fleuve et le lac de Guiers, de Matam vers Keur Momar Sarr.

 Dans l’estuaire du Sénégal, nous aménagerons des systèmes de polders pour freiner les changements biophysiques, dont l’érosion et la remontée saline, occasionnées par la malencontreuse brèche de délestage de la langue de barbarie.

Dans le nord du Sénégal, il est envisagé d’autres efforts pour contrer la remontée saline avec la Mauritanie et renflouer le lac Rkiz et régénérer plus de 3000km2 de terres agricoles.

En accord avec la Gambie, il faudra mieux encadrer les activités minières polluantes. Une unité de pompage à haut débit peut être installée sur le fleuve Gambie, et pouvant en situation de crise, assurer un transfert de 3 millions de m3 / jour, vers un bassin de décantation à côté de Kédougou.  De là, on pourrait alimenter, par conduite, un réservoir situé dans une ancienne carrière dans la région de Thiès.

La régénération des lacs Tanma vers Thies et Yadjine dans le Baol, par conduites depuis les réservoirs de transferts provenant du fleuve Gambie, permettra de reconditionner l’environnement et dégager des espaces en permaculture.  

Dans le Bassin du fleuve Kayanga, et de l’Anambé il va falloir réévaluer les volumes disponibles et surtout davantage se concerter avec les pays riverains quant à l’utilisation des ponctions pour l’irrigation. Le fleuve Kayanga intercepte l’Anambé, son plus grand affluent. Tout comme le bassin du fleuve Casamance, ils sont bien arrosés par la pluviométrie, mais ont des débits irréguliers et sont menacés, comme les terres environnantes, par les remontées salines.  On pourrait, en bonne entente avec nos voisins riverains, procéder à plus de digues anti-sel, de petits barrages en série et des bassins de collectes des eaux pluviales pour augmenter les surfaces irrigables et régénérer les sols cultivables endommagés. Il va falloir mieux y aménager la forêt et augmenter le potentiel d’eau potable.

Des bassins côtiers et leurs petits cours d’eau et lacs constellent le Cap-Vert et quelques méandres pérennes ou saisonniers. La plupart affectés par l’eutrophisation ou par des plantes envahissantes, comme le Typha, (Tocc-Tocc, lacs de Guiers, Yaraax, Grande Niaye de Pikine plus connue sous le nom technopole, etc..) seront soumis, une fois la phytoremédiation atteinte, à des récoltes périodiques aux fins de biomasse de compost et de fourrage. Ces lacs pourraient aussi redonner une qualité de vie en villégiature dans un esprit écologique. Il faut les protéger contre la pression foncière spéculative et étendre une politique de salubrité et de préservation à d’autres zones déjà en danger par l’urbanisation inconsidérée : lacs Rose, Tamna, Mbeubeuss, Malika, lagunes de Yène ou Nianing, Pointe Sarène…

Préservation, gratuité, tarif  et assainissement

Une unité de fabrication de robinets à fermeture par temporisation mécanique et de fermeture automatique, permettra de réduire jusqu’à 60% d’économie en eau et freiner le gaspillage et les impacts néfastes sur l’écosystème. Cela nous permettra d’élargir la gratuité de l’eau à la tranche sociale et réduire le coût pour les plus vulnérables.  Il est en effet envisageable d’atteindre la gratuité pour les besoins vitaux pour un ménage, mais aussi une meilleure équité dans l’usage de l’eau en zone rurale, périurbaine et urbaine, Ceci permettra de réviser l’attribution de 35 L jour en zone rurale et 80 L jour en zone urbaine. A titre indicatif, compte tenu des conditions actuelles, on pourra revoir en fonction du nouveau business plan adapté à la nouvelle orientation, les suggestions suivantes.

Pour l’usage de besoins essentiels- boisson, cuisine et hygiène, les premiers m3, soit un maximum de 10 litres par personne-jour seraient gratuits. Nous préconisons une stratégie de raccordement et la disparition de la borne-fontaine. Entre-temps, la réduction drastique au tiers du prix à la borne-fontaine, au-delà de ces 10 litres gratuits, jusqu’à ce que chaque ménage défavorisé puisse disposer d’un branchement particulier. 

Ensuite, la seconde tranche, de 10 L par personne, commence à être facturée dans la tranche sociale de confort (inférieur à 10 m3mois à 200 FCFA le m3). Subséquemment une tranche d’eau facultative est facturée à un prix supérieur (10 à 20 à m3 700 FCFA le m3). 

Et finalement, les consommations qui sont dans la catégorie luxe et superflu sont facturées au tarif des tranches dissuasives (20 m3et plus à 1000 FCFA le m3). Les agriculteurs et maraîchers seront privilégiés, mais surveillés pour le gaspillage (quota Q- 160 FCFA  à 2Q -600FCFA et supérieur à 2Q -800 FCFA). 

Nous introduirons les robinets automatiques dans les tranches dissuasives administratives et commerciales. 

Contre les maladies de sources hydriques, nous devons redoubler d’efforts. Nous corrigerons l’erreur de dissocier l’eau potable et l’assainissement des eaux usées. Dans nos zones urbaines, jusqu’à 60 % de la nappe est polluée par les recharges.  En séparant la SONES et l’ONAS, on a occasionné un grand retard d’investissement dans l’assainissement et des dysfonctionnements. Par exemple, le quart du volume journalier d’eau qui rentre à Dakar n’est pas bien traité. Autour de 15 000 msont traités sur les 59 000 m3  d’eaux usées collectées quotidiennement des ménages de Dakar. Ceci sera corrigé et il faudra travailler à la réutilisation circulaire de ces eaux, notamment pour le reboisement des zones urbaines, et compte tenu de la qualité, pour la recharge des nappes. 

Ceci est onéreux, mais essentiel, autant en santé publique que par la capacité de réutilisation d’appoint. Il faut donc investir dans le secteur et resserrer les programmes de contrôles avec les municipalités. Les nappes d’eau souterraines comme affleurantes sont souvent contaminées par des microorganismes pathogènes, comme les virus entériques humains. Il y a lieu de davantage resserrer la réglementation afin de surveiller la source d’eau, de procéder régulièrement et fréquemment à une évaluation sanitaire du traitement, du réseau de distribution, du stockage d’eau traitée, du pompage, et de corriger systématiquement les défaillances; et de désinfecter au besoin et de revérifier l’inactivation virale. 

Des campagnes civiques et écologiques de sensibilisation et d’éducation accompagnent ce vaste programme. Ce dernier aura des retombées à tous les échelons et justifiera les investissements lourds, au niveau des services de l’eau, dans l’assainissement, dans l’amélioration de la qualité de la vie, dans l’hygiène, dans les services sociaux et éducatifs et dans la réduction des maladies. Des milliers d’emplois en découleront pour les travaux, leur entretien et le suivi. La modernisation des installations et les technologies veillant à la fourniture et à la qualité de l’eau ouvrent une ère de changement pour la jeunesse.

Laisser un commentaire