
En dehors d’une coopération nord-sud solidaire qui demeure une chimère entretenue par les élites, il existe des tendances objectives, dans l’effort d’insertion active des pays du sud dans l’économie monde. Elles affleurent en Afrique, malgré la compradorisation des élites dirigeantes qui s’y est massifiée. En s’objectant à la fuite de capitaux, en tentant de réguler les investissements, en assurant leur autosuffisance alimentaire et la protection de leur production et paysannerie, en développant des anticorps contre le virus néolibéral, l’esprit de Bandung et du groupe de Casablanca persiste. Uni contre l’oppression, le Sud global a, comme sortie de crise possible, le potentiel d’opter pour le sentier du développement autocentré et renforcer le front tricontinental. Mais cette refondation du front de Bandung est éminemment politique et passe par la redécouverte de l’internationalisme et la défense du bien commun, en faveur des travailleurs et des peuples. Il faut œuvrer pour un ordre international pluricentrique équilibré.
La repolitisation démocratique de nos masses populaires et l’opposition contre la militarisation du monde, passent par la refondation d’un front tricontinental, pour contrer l’élan militaire de l’impérialisme collectif et cheminer vers l’équivalent d’un internationalisme des peuples. A cet égard, nous avons comme panafricains une dette immense à l’égard du peuple cubain qu’il va falloir rendre au centuple.
C’est dans cet élan que s’inscrit le projet Seen Égal-e, Seen Égalité dont l’horizon est la souveraineté supranationale panafricaine.
Dans notre transition avec le reste de l’Afrique et le sud global, nous nous engageons à œuvrer ensemble pour :
Un rapport équilibré à la nature
Renforcer l’égalité pour toutes et tous, partout, pour que notre développement soit meilleur, plus juste et plus vert, et puisse générer une société plus résiliente et durable. Il faudra opter pour les points suivants :
– La lutte commune pour préserver la planète contre l’impact négatif du capitalocène et l’anthropocène, s’unir contre le changement climatique, l’érosion, la déforestation
– Défendre solidairement la condition des masses laborieuses à travers le monde dans le respect des droits humains universels
– Normes responsables communes dans l’industrie extractive
– Normes communes contre l’accaparement des terres
– Normes communes dans le contrôle des monocultures
– Produire des énergies renouvelables et reproductibles
– Permettre de vastes sanctuaires protégés de récupération écologique et de régénération- Améliorer les parcs existants du Djoudj, Niokolokoba et étendre les zones humides protégées.
– Fonds souverains pour les générations futures.
Bien commun et valeur d’usage
– Construire une monnaie commune et une banque panafricaine de développement
– Favoriser la valeur d’usage au détriment de la valeur d’échange
– Lutter contre l’évasion fiscale et les paradis fiscaux et l’immobilier illicite
– Stratégie collective et commune à l’OMC et aux instances de Bretton Woods
– Défendre et protéger un marché continental de biens de consommation de masse
– Lutter collectivement pour refuser de payer la dette ; décrocher des programmes de plafonnement de la lutte contre la pauvreté et peser pour réformer les institutions internationales et pour une coopération internationaliste plafonnée à 0,7 % et non liée.
-Lutter afin que les BRICS ne succombent pas à la tentation subimpériale et soient toujours au service du Sud global
– Organiser la péréquation et la complémentarité de l’interdépendance panafricaine
– Préserver les biens communs, principalement l’eau et la biodiversité
– Réembellir la nature en contraignant l’activité humaine à sa préservation
– Établir des normes communes et éthiques du bien commun et du vivre ensemble
Une pacification et l’harmonie
– Le démantèlement de toutes les bases étrangères du continent africain et la promotion d’une culture de la paix
– La renégociation des accords de coopération militaire qui nous vulnérabilisent et les réorienter dans le sens des aspirations populaires et panafricaines et du droit de se défendre soi-même, et en coopération avec les alliés de notre choix
– La prohibition d’agression contre l’intégrité territoriale et l’indépendance d’un pays tiers.
– L’instruction civique, secouriste et d’autodéfense citoyenne
– Développer une culture pacifique et féministe
– La promotion d’une politique sportive diversifiée et équilibrée
Une démocratisation participative et progressiste
– Garantir toutes les Libertés civiles et politiques
– Le citoyen est le sujet de la construction sociale
– Insérer les mouvements sociaux dans les mécanismes délibératifs et décisionnels
– Consolider la Cour Africaine de Justice et lutter collectivement contre l’impunité
– Habiliter le parlement africain d’un pouvoir supranational
– Organiser le retour des diasporas historiques et récentes et promouvoir leur réinsertion viable
– Veiller à la protection des minorités, des premières nations indigènes
Une justice indépendante et la fin de l’impunité
– Avoir une Justice indépendante qui joue son triple rôle de régulation sociale, économique et politique. La magistrature doit être détachée de l’exécutif et servir le peuple. Les magistrats ne peuvent être intimidés ou instrumentalisés dans l’exercice de leur fonction. S’assurer d’intégrer l’IGE à la Cour des comptes qui s’autosaisit et initie les poursuites. Les pleins pouvoirs doivent leur être accordés et la transparence doit présider à leur décision. Des recours et un corps arbitral doivent veiller à l’exercice de leur fonction. Ceux qui manquent à leur devoir et probité doivent être sévèrement punis. La saisie des sommes et patrimoines issus des enrichissements illicites et leur réaffectation au développement socio-économique.
Promotion du panafricanisme et de l’interculturalité
– Relecture progressiste de l’histoire africaine
– Institutions culturelles panafricaines et du Sud global
– Efforts de préservation des langues, savoirs, spiritualités et cultures africaines dans l’espace pluriculturel panafricain
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